exilés

«Les flux d’exilés en disent plus sur les pays d’accueil que sur les sociétés de départ»

Entretien. Des apatrides arméniens et russes aux rapatriés de la guerre d'Algérie, des républicains espagnols aux Juifs réfugiés sous le régime de Vichy, l'historien Thomas Ferrer retrace, dans Un long siècle d'exils (1870-1980), l'histoire des «Proscrits, évacués, apatrides, réfugiés, expulsés, déplacés,(r)apatriés». Dès lors que la République s'installe en France et qu'il est question de «nation», émerge une volonté de délimiter les critères de ce qui fait commun, des traits partagés, de ce qui est français ou de ce qui ne l'est pas. Les déplacements de population – qui concernent aujourd'hui 3,5 % de la population mondiale –, apparaissent à la fois comme un continuum de l'Histoire, mais aussi, comme un sujet brûlant d'actualité. Rencontre.

«Il faut penser la torture comme phénomène sociopolitique»

Muriel Montagut
Responsable du centre de soins et de ressources Frantz Fanon de la Cimade, Psychologue clinicienne, Muriel Montagut travaille avec des personnes en situation d’exil depuis un peu plus de 20 ans. Après une thèse en sociologie clinique soutenue en 2012 à l’université Paris-VII sur « Les possibilités d’être après la torture. Sociologie clinique du système torturant », qui a été distinguée par le Prix Le Monde de la recherche universitaire, elle a publié L’être et la torture aux éditions PUF, traduit en Colombie, puis Un tortionnaire ordinaire, rencontre avec un ancien appelé de la guerre d’Algérie, avec Claude Juin aux Editions du Croquant.